H.I.V.E – Guillaume Pascale
2026
Résidence artistique de Guillaume Pascale
2025–2026 à Zone Sensible
En 2025-2026, le Parti Poétique reconduit son programme de résidence artistique territoriale avec le soutien du Conseil Départemental de la Seine Saint-Denis. Fidèle à sa trilogie thématique NATURE + CULTURE + NOURRITURE, le collectif poursuit son engagement en faveur d’une démocratie environnementale active, attentive aux enjeux sociaux et territoriaux qui traversent nos villes. L’art jouant un rôle majeur dans les dynamiques transformatrices et nos sensibilités au monde, il nous paraît essentiel et urgent d’interroger et d’inviter les artistes à inventer et à intervenir dans nos vies.
Après avoir exploré la terre avec la résidence de Stéphanie Sagot en 2024-2025, nous levons les yeux au ciel avec l’artiste Guillaume Pascale.
Heliotropic Interplay for Vibrational Encounters
Interaction héliotropique pour des rencontres vibratoires
Cette résidence à Zone Sensible a constitué une première étape de recherche et d’expérimentation autour du projet Heliotropic Interplay for Vibrational Encounters, qui explore les relations entre les phénomènes cosmiques, le vivant et les technologies numériques à travers la création sonore.
Le projet interroge notre manière d’appréhender le monde au moyen des technologies contemporaines. Là où les dispositifs numériques tendent souvent à mesurer, calculer et objectiver les phénomènes naturels, cette recherche cherche à les mobiliser comme des instruments d’écoute et de composition. En tant qu’artiste, Guillaume Pascale considère les données, les processus informatiques, les phénomènes célestes et les organismes vivants comme des partenaires de création, capables de produire ensemble une expérience sensible.
Au cours de la résidence, les premières bases d’un dispositif de captation sonore destiné à être installé dans une ruche de Zone Sensible ont été imaginées. L’objectif est de transmettre les vibrations de la colonie vers un système de synthèse sonore modulaire, où elles pourront dialoguer avec des données issues de l’activité solaire. Cette rencontre entre une source locale – la ruche – et une source cosmique – le Soleil – ne cherche pas à démontrer une corrélation scientifique, mais à ouvrir un espace de correspondance poétique où les deux phénomènes composent une même matière sonore.
La résidence a également été l’occasion d’explorer les dimensions pédagogiques et collaboratives du projet à travers deux ateliers.
Le premier, mené avec les élèves de créativité culinaire et cultures artistiques du lycée professionnel François Rabelais à Dugny, en collaboration avec Marie Joanna Chamlong, a permis de mettre en dialogue les processus de création artistique et les pratiques culinaires. À partir d’un protocole de composition fondé sur le hasard, les élèves ont imaginé de nouvelles recettes en associant aléatoirement goûts, ingrédients, types de plats et émotions. Cet atelier a permis d’interroger la notion de protocole, commune à la programmation informatique comme à la cuisine, en montrant que la créativité naît souvent de l’introduction d’une part d’imprévu dans un système initialement très codifié. Cette rencontre a ouvert des perspectives de collaboration autour d’un geste culinaire qui pourrait accompagner les futures activations publiques du projet.


Un second atelier a été organisé à Zone Sensible avec des étudiant·es et des enfants accompagnés par l’AFEV. Équipés d’enregistreurs sonores, les participants ont parcouru librement le site afin de collecter les paysages sonores qui le composent. Cette déambulation a permis de porter une attention particulière aux sons du lieu, des plus évidents aux plus discrets, tout en sensibilisant les participants à l’écoute de leur environnement. Les enregistrements réalisés – près d’une heure de matière sonore – constituent aujourd’hui une banque de sons qui sera progressivement intégrée au projet. Ces échantillons alimenteront un instrument numérique dont les déclenchements seront pilotés par la position du soleil ou par l’activité vibratoire de la ruche.




Ces différentes expériences ont profondément enrichi le projet. Elles ont confirmé que les dispositifs techniques imaginés ne prennent pleinement sens que lorsqu’ils deviennent des supports de rencontre, d’expérimentation et de partage. La résidence a ainsi permis de poser les fondements d’une œuvre en devenir, où création sonore, recherche artistique, pratiques culinaires et médiation se répondent pour proposer une autre manière d’habiter le vivant : non plus dans une logique d’observation et de maîtrise, mais dans une relation d’écoute, de correspondance et de composition avec les phénomènes qui nous entourent.


A propos de Guillaume Pascale
Guillaume Pascale est un artiste hanté par un imaginaire instable qui oscille entre environnements physiques et informationnels. Flirtant parfois avec le dérapage documentaire, ses œuvres composent des dérives programmées au moyen d’un agencement dynamique de sons, d’images, de données, au sein de dispositifs électroniques ou audiovisuels qui cherchent à interroger le régime technoscientifique actuel de compréhension du monde. Selon cette perspective, ses recherches récentes investissent l’imaginaire spatial contemporain et visent à éprouver, au moyen d’expériences sensibles, la notion de planétarité.
Derrière l’avatar Err is Human, il produit une musique ambient singulière en direct, composée avec différents flux de données et un appareillage qu’il a lui-même développé et conçu, afin d’offrir une expérience sensible et collective de phénomènes ou d’événements distants voire invisibles.
Ses œuvres et performances ont déjà été présentées dans différents événements, musées et galeries en Europe ou en Amérique du Nord, notamment à la Biennale Internationale d’Art Numérique de Montréal, la galerie InterAccess de Toronto, au Musée Art et Archéologie de Valence, au festival Ars Electronica en Autriche ou au festival Octobre Numérique à Arles.
Liens :
www.errorishuman.com
https://errorishuman.bandcamp.com
Origine et contexte du projet
Ces dernières années, Zone Sensible a accueilli des démarches artistiques profondément ancrées dans la matière terrestre : le travail de Caroline Le Méhauté, puis la résidence de Stéphanie Sagot, ont sondé les sols, les strates du vivant, les récits enfouis sous nos pieds.
Aujourd’hui, en zone sensible, un déplacement céleste s’impose.
Guillaume Pascale développe une recherche singulière autour de la mesure des pollutions aériennes et célestes. Son travail rend perceptible, par la dimension sonore, un invisible cosmique : celui des activités technologiques qui saturent l’atmosphère, encombrent l’orbite terrestre et transforment le ciel en une décharge en révolution permanente au-dessus de nos têtes.
Prendre conscience des enjeux célestes, c’est élargir notre regard à 360°, interroger la continuité entre nos modes de vie, nos infrastructures, nos déchets — visibles et invisibles — et leurs conséquences atmosphériques et orbitales. C’est comprendre que la pollution ne s’arrête pas à la surface du sol.
Avec ART SPACE, le Parti Poétique poursuit son exploration des interstices où l’art rencontre l’écologie, où le sensible ouvre des bifurcations possibles. Entre terre et ciel, cette résidence invite à écouter autrement notre époque – et à prendre la mesure, sonore et collective, de ce qui nous relie à l’invisible d’un monde devenu fou.
Un projet participatif entre terre et ciel
Pour cette nouvelle saison culturelle, le Parti Poétique invite l’artiste en résidence à développer un projet contextuel et participatif, élaboré entre :
- Zone Sensible à Saint-Denis 93
- Les Grandes Serres à Pantin 93
- Regains à Arles 13
À travers ces trois territoires, la résidence tissera un dialogue entre espaces urbains, agricoles et artistiques. Le projet se déploie comme une traversée du sol cultivé aux couches atmosphériques, des gestes agricoles aux signaux captés dans le ciel.
L’enjeu est autant esthétique que politique : faire de l’art un outil de conscientisation, un espace d’expérience partagée, et un levier de résilience face aux mutations et drames écologiques contemporains.
Calendrier et mise en œuvre
Hiver 2026
Ecriture, recherches, expérimentations sonores, premières captations.
Repérages aux Grandes Serres à Pantin.
Printemps 2026
Création des dispositifs sonores.
Ateliers participatifs avec les habitants.
23 Mai – Première présentation publique à zone sensible
Printemps – Été 2026
Performances publiques à Pantin, Saint-Denis et Arles.
12 Septembre / restitution de la résidence à zone sensible « Le Grand Partage »
